Les addictions dans l'entreprise, nul n'est censé ignorer la loi
Alcools, tabac, drogues, substances psychoactives, etc. : la loi engage la responsabilité du chef d'entreprise.
L'employeur ou toute personne ayant autorité doit prohiber l'entrée de boisson alcoolisée sur le lieu de travail, autre que du vin, du cidre, de la bière, du poiré, de l'hydromel non additionné d'alcool. Il doit interdire l'entrée ou le séjour des salariés en état d'ivresse dans l'entreprise.
Les risques professionnels
Des consommations occasionnelles ou répétées d'alcool, de cannabis ou de médicaments peuvent mettre en danger la santé et la sécurité des salariés, et être à l'origine d'accidents du travail. 15 à 20 % des accidents professionnels, d'absentéisme et de conflits au travail seraient dus à l'alcool (source : Inserm, Alcool, dommages sociaux, abus et dépendance, 2003). On évalue à 1,25 % de la masse salariale globale, charges comprises, les coûts cachés occasionnés par les addictions (source : agence lyonnaise Restim, Stratégies du 24 fév. 2005).
Prévention : du collectif à l'individuel
Selon l'INPES (Institut national de prévention et d'éducation à la santé), les dirigeants d'entreprises tentent de résoudre dans 8 cas sur 10 les problèmes d'alcool par le dialogue avec le salarié. Vient ensuite le recours au médecin du travail (68 %) et aux représentants du personnel (58 %). Les sanctions ne sont toutefois pas exclues, l'avertissement est mentionné par 58 % des DRH.
La prévention et la prise en charge des addictions sont donc nécessaires dans les entreprises. Une approche collective nécessite l'implication de tous les acteurs de la santé au travail et de l'encadrement, avec une appropriation par la direction. Il s'agit de convaincre de l'importance pour chacun de lutter contre les attitudes d'évitement et de renforcer l'entraide. Il est important également d'être attentif aux situations individuelles et d'informer les personnes repérées des possibilités de soutien au sein de l'entreprise ou en dehors. Dans tous les cas, il faut être à l'écoute en incitant à consulter ou à se faire aider.
Toutefois, il y a parfois des situations d'urgence : quand le salarié n'est plus capable d'assurer son poste, qu'il prend des risques ou met en danger son entourage professionnel. Il n'y a pas d'autres solutions que la mise en repos, le raccompagner au domicile en s'assurant du relais de la prise en charge, l'appel ou la visite du médecin du travail. Ces modalités d'intervention et de prise en charge exceptionnelles doivent figurer dans l'organisation des secours de l'entreprise.



