L'entreprise, cible du crime organisé
Source de menaces multiples pour l'entreprise et ses collaborateurs, le crime organisé utilise trois stratégies majeures : la prédation, le parasitisme, et la compétition.
Un ennemi bien plus redoutable que le concurrent
Si le terrorisme et la délinquance de voie publique* sont les principales préoccupations de l'Etat, des médias et des Français, les actes malveillants à l'égard des sociétés méritent d'être pris en compte. Bien que moins visibles, ils affectent non seulement les actifs financiers et immatériels de l'entreprise, les revenus fiscaux de la nation, mais aussi la sécurité des Français.
Aujourd'hui, l'ennemi le plus menaçant d'une société n'est pas le concurrent mais le groupe criminel. Ressources valorisables, organisations complexes et non préparées à de telles attaques, les entreprises sont des cibles parfaites. Cherchant à s'enrichir par tous les moyens, de grandes organisations criminelles veulent faire du profit en limitant les risques.
Trois stratégies criminelles majeures
La prédation
Le prédateur s'intéresse aux ressources de l'entreprise : humaines, financières, techniques, intangibles (marques, brevets, licences, savoir-faire, etc). La prédation s'exerce par extorsion : pizzo en Italie, racket en Russie, vente forcée de service, contrainte d'embauche, etc.
Monnaie d'échange, les employés risquent l'enlèvement. Celui-ci implique un coût pour la société : rançon, sécurisation des sites et des résidences, formation du personnel et de leur famille, soutien psychologique, procédures de déplacement, etc. L'organisation criminelle obtient souvent la complicité d'un salarié en exploitant son addiction à l'alcool, à la drogue ou au jeu. Elle développe aussi l'espionnage.
Ces tactiques sont souvent mises en œuvre sur les territoires contrôlés par les organisations criminelles. L'exposition des entreprises dépend de leur choix d'implantation.
Le parasitisme ou le détournement
Il consiste à utiliser l'organisation et le système d'information de l'entreprise à des fins criminelles. Si le parasitisme ne menace, ni les ressources, ni l'organisation de la société, celle-ci risque d'être condamnée pour participation à un trafic illicite. En France, au regard de la législation, il est de l'intérêt des transporteurs d'être vigilants.
Deux autres techniques de détournement sont utilisées : le pharming et le phishing. Le pharming consiste à copier le site internet d'une entreprise et à diriger le trafic vers l'imitation pour récupérer les numéros de cartes de crédit, les codes secrets et autres informations sur la clientèle. Le phishing est l'envoi d'un message électronique aux clients en adoptant l'apparence de l'entreprise (logo, etc) pour obtenir le même type d'informations.
La compétition
Voulant pénétrer dans le monde légal des affaires, le crime organisé adopte des tactiques ayant pour but de s'emparer des marchés et des sociétés. Cela lui permet de bénéficier d'une façade honnête vis-à-vis de l'administration fiscale, de la police, etc. et de s'enrichir.
Quatre méthodes permettent d'arriver à leur fin : la contrebande, la contrefaçon, la prédation de marché et la prédation d'entreprise. Les mafias créent des sociétés pour la circonstance, et cherchent à prendre le contrôle de sociétés existantes.
Certains criminels se lancent dans la domination d'un marché, cette quête de monopole cachant des modes d'actions basés sur la corruption et la violence.
A retenir
Sorti de son monde souterrain, le crime organisé a pénétré dans la sphère légale où il fait tout pour prospérer. Il appartient aux entreprises de se protéger et d'intégrer l'acteur criminel dans leur réflexion stratégique.



